Acidité gastrique : trop ou trop peu ?


À faire la chasse à l'acidité et à vouloir lutter systématiquement contre des "acidoses", on finit par en oublier les fondamentaux de la physiologie. L'acidité gastrique est nécessaire et bénéfique à notre système digestif.

Photo : amelioretasante.com

Il était donc important de revenir sur ce sujet en redéfinissant le rôle de l'acidité gastrique, en étudiant les dangers d'un manque d'acidité et en vous permettant de connaître si vous êtes dans le "trop" ou le "trop peu".

Le rôle de l'acidité gastrique

L'estomac est le lieu où les aliments vont être réduits en bouillie grâce à l'action d'enzymes et de l'acide chlorhydrique. L'estomac produit environ 3 litres d'acide chlorhydrique par jour qui permet de :

  • continuer la digestion ;

  • neutraliser la prolifération des bactéries et toxines ;

  • favoriser l'assimilation des minéraux et vitamines.


Hypo ou hyperchlorhydrie ?

L'affaire se corse quelque peu quand on sait que les symptômes d'un excès d'acidité sont les mêmes que ceux d'un manque d'acidité. Résultats : On estime que près de 90% des personnes traitées pour une hyperchlorhydrie (trop d'acide chlorhydrique) souffrent en fait d'un manque d'acidité. Près de 50% des hospitalisations pour gastralgie relèveraient en fait de cette situation. Un manque d'acidité dans l'estomac entraîne également le reflux œsophagien du fait d'une mauvaise digestion des glucides dans l'estomac générant des fermentations intestinales, causes de pressions gazeuses sur la valve séparant l'estomac de l'œsophage.


Les Symptômes du manque d'acidité


  • Sensation d'avoir trop mangé,

  • nausées régulières,

  • mauvaise haleine,

  • intolérances ou sensibilités à certains aliments,

  • troubles intestinaux,

  • déminéralisation,

  • problèmes de peau,

  • crampes,

  • rhumatismes,

  • fatigue.

Une liste non exhaustive de symptômes digestifs et généraux...


La cause essentielle : le manque de sel

Un nouveau retour sur le sel que nous avons évoqué de nombreuses fois et notamment sur notre dossier concernant la déshydratation. Le manque de sel est médicalement documenté depuis 1912, le professeur Mach de Genève en a commis un livre en 1947... Le sel, NaCl est l'aliment pourvoyeur de chlore pour l'estomac et un grand nombre de troubles gastriques se solutionne par une simple pincée de sel déposée sur la langue, 2 à 3 fois par jour. Outre la prolifération bactérienne dans l'intestin grêle, le manque de sel peut induire une déshydratation extra-cellulaire et une hyperhydratation cellulaire, source de gonflement, d'oedème et d'hypertension. On note également de nombreux cas d'Hypochlorhydrie médicamenteuse liée à la prise d'antihistaminique ou de médicaments antiacidité.



Hypo ou hyper acidité : comment savoir ?

Il existe plusieurs tests vous permettant de connaître votre production d'acide.

  • Le test au bicarbonate de soude

À jeun, prendre 1/4 de cuillère à café de bicarbonate dans 25 cl d'eau. Boire et observer l'apparition des premiers rôts : - si vous rotez dans les 2 minutes qui suivent : situation normale ; - si le premier rôt intervient entre 2 et 3 minutes : légère baisse de l'acidité ; - entre 3 et 5 minutes : hypochlorhydrie ; - plus de 5 minutes : achlorhydrie potentielle.

  • Le test au vinaigre de cidre

En cas de pyrosis notamment, un apport d'acide soulage immédiatement si on se trouve en situation d'hypochlorhydrie. Prenez 1 cuillère à café de vinaigre de cidre dans un peu d'eau, à boire après le repas. Si le "feu" de votre estomac diminue et que vos douleurs s'estompent, c'est que vous manquez d'acidité. Par contre, une exacerbation des symptômes traduit un excès d'acidité.

  • Le test au jus de betterave

La betterave contient une substance responsable de la pigmentation rouge qui se décompose en milieu acide. Si, après avoir ingéré du jus de betterave, vos urines sont teintées en rouge, signe que le pigment n'a pas été décomposé, votre acidité n'est pas au mieux.

Conclusion

Une bonne acidité gastrique est nécessaire et bénéfique car elle permet une bonne absorption intestinale des vitamines, minéraux et oligoéléments dépendant d'un pH gastrique bas. Une étude parue en 1999 concluait que "l'hypochlorhydrie est associée à un risque accru de cancer gastrique". Mowat, C. et Al. Gastroenterology 1999.116(4) Il est donc primordial de ne pas se lancer dans une lutte systématique contre l'acidité et de tester au préalable sa propre production d'acide gastrique. La consommation de compléments alimentaires, poudre ou gélules, alcalinisants est à éviter dans la très grande majorité des cas.


Source documentaire : Les Troubles du Métabolisme du Sel et de l'Eau, René S. Mach, Privat-Docent à la Faculté de Médecine de Genève - Masson & Cie 1946. Ecosystème intestinal & Santé optimale, Docteur Georges Mouton, Marco Pietteur éditeur, collection Résurgence, 4e édition 2011.

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